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LE CH'TI BETHUNOIS

A gauche, on fait quoi ?

13 Décembre 2016 , Rédigé par le journaliste

 

Par Philippe Torreton
 
 

 

Photo : AFP
Photo : AFP

Les mots qui fâchent par Philippe Torreton. « Parfois j’ai un sentiment trouble, une sorte de nausée lorsque j’essaye de faire un point sur la situation de la gauche à cinq mois de la finale au Stade de France. »

Parfois j’ai un sentiment trouble, une sorte de nausée lorsque j’essaye de faire un point sur la situation de la gauche à cinq mois de la finale au Stade de France. Le rafiot gauche tangue et commence sérieusement à prendre de la gîte, alourdi par la mégalomanie de ses principaux leaders. Je ne vois que deux explications possibles à ce naufrage annoncé. Soit tout ce petit monde se dit que c’est encore possible (il paraît que tout est toujours possible en politique, sauf que là ça commence à ressembler à une hallucination collective et transpartisane). Soit (et cela vaudrait mieux pour la santé mentale des différents candidats qui se présentent) personne n’y croit vraiment mais chacun aurait l’intention de profiter de ce rendez-vous électoral pour faire un bilan de son aura médiatique et populaire. En fait ça préparerait activement l’après-mai 2017, à commencer par le juste après, c’est-à-dire les élections législatives et la direction de leur parti, que ça ne m’étonnerait pas.

Car j’ai un mal fou à imaginer que la primaire semi-ouverte ou pas tout à fait fermée du PS va passionner les foules, je n’imagine pas des records d’audience lors des débats télévisés, même animés par un duo Karine Le Marchand-Cyril Hanouna recrutés à la hâte et à grands frais avec canapé sensuel et bol de nouilles. Personne n’est en mesure de rassembler et tout se passe comme si personne n’en avait véritablement envie.

Mais nous autres à gauche, on fait quoi ? Nous qui n’avons pas de stratégie pour maintenir des fiefs et nous assurer un groupe parlementaire, nous qui ne voulons pas faire un putsch à gauche, nous qui ne prenons pas de produits illicites qui font imaginer un avenir présidentiel ? On fait quoi ? On joue à faire semblant ? On n’ose pas dire haut et fort que c’est plié si rien ne change ? La seule chance de la gauche de peser, c’est de faire bloc autour d’une personnalité qui aura le talent de faire émerger une base politique commune. Oui, je sais, ça fait bizarre une telle phrase en ce moment. Ça me rend triste et j’invite tous ceux, tristes comme moi, mais qui ne se résignent pas à le dire, comme je le fais là, chacun comme il peut, sur sa page Facebook, en le tweetant, en écrivant aux journaux, sur son blog, partout et par tous les moyens. Avant de trouver une voie et la voix, il est urgent que notre voix, celle des consternés, des sidérés, des effondrés, des dépités, se fasse entendre. Sinon, commençons déjà à réfléchir à notre attitude lorsque nous apprendrons que le second tour verra s’opposer Marine Le Pen à François Fillon, ce sera plus utile. Personnellement, et je vous dirai bientôt pourquoi, je n’irai pas voter…

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