Départ de Jacques Mellick, interruption du conseil par des riverains, intervention de la police...Départ de Jacques Mellick, interruption du conseil par des riverains, intervention de la police...

Qu’est-ce qui a bien pu provoquer tout ce tollé ? Tous ne sont pas près d’oublier ce dernier conseil municipal de l’année entre le départ précipité de Jacques Mellick et l’intervention de la police et de la BAC pour faire sortir des riverains de la salle. 

Béthune a fini son année en apothéose avec un conseil municipal très tendu mardi 13 décembre. De quoi filer des cheveux blancs à Olivier Gacquerre.

Acte I L’appel tout juste fini, Jacques Mellick, ancien maire et membre de l’opposition a tenu à prendre la parole. « J’ai une déclaration à faire, commence-t-il. Voilà maintenant près de trois ans que par un malheureux accident, vous avez pris les rênes de la ville ». Jacques Mellick rappelle alors au maire que son équipe ne représente que 33 % des votes, contre 66 % toutes oppositions confondues. « Depuis presque trois ans, nous vous avons sollicités pour recevoir les invitations aux manifestations organisées par la ville de Béthune. Parfois nous les recevons, souvent nous ne les recevons pas. Et ces dernières semaines, nous avons été totalement exclus » fustige Jacques Mellick. « Vous avez une définition rabougrie de la démocratie. Et c’est pourquoi, nous allons quitter la séance pour marquer notre totale désapprobation à votre gouvernance qui dure depuis quelques mois. » Jacques Mellick et son équipe quittent immédiatement la salle, sans attendre une réponse du parti adverse. « Nous avons tout de même récolté 33,8 %. Je serais curieux de voir ce que nous aurions si nous repartions dans les urnes », se défend Jean-Pascal Scalone, adjoint au maire chargé des travaux. « Chiche » lance Michel François, membre de l’opposition.

Acte II Quelques minutes plus tard, Michel François prend de nouveau la parole au nom de l’association Eau Secours, qui milite contre la construction de logements rue du Rabat, une zone inondable d’après les riverains. Avant le début du conseil, elle a transmis aux membres de l’opposition, une feuille exposant un nouveau rebondissement dans cette affaire. « Nous allons quitter la séance pour marquer notre désapprobation à votre gouvernance qui dure depuis quelques mois. » Jacques Mellick, membre de l’opposition « On m’a transmis une feuille qui m’indique qu’un nouveau permis de construire a été délivré le 18 juin 2016, pour le terrain qui appartient à la SIA rue du Rabat. Il a été affiché la semaine dernière, six mois après sa signature, ce qui est illégal, rapporte le conseiller lisant la feuille que lui a transmise l’association. Le numéro de permis est exactement le même que celui affiché le 18 juin 2013. Est-ce qu’il y a possibilité d’avoir des infos sur ça ? Parce que c’est quand même grave. » Le maire rétorque que « ce n’est pas à l’ordre du jour, il y a un conseiller en urbanisme pour ça ». Les membres de l’association tentent alors de prendre la parole, et réclament une copie de ce permis de construire. Le maire les avertit qu’il va appeler la police municipale, qui se trouve deux étages plus bas pour garder l’entrée, s’ils ne laissent pas le conseil municipal se dérouler calmement. « S’il y a une erreur sur le permis, c’est la SIA qui est responsable » souligne le maire. « Je sens que le niveau va être très élevé ce soir ».

Acte III Pierre-Emmanuel Gibson souhaite d’ailleurs faire une mise au point, à la suite de ces « tentatives de déstabilisation ». « Ça fait 15 jours qu’on constate, l’équipe municipale et moi, diverses tentatives de déstabilisation de la majorité municipale, alors qu’elles viennent de Saint-Venant, qu’elles viennent de l’interne, ça commence à bien faire, je voudrais dire à Monsieur le maire au nom de l’équipe municipale qu’il a tout notre soutien, toute notre confiance. Cette équipe est solide quel que soit ce qui est dit, quelles que soient les rumeurs. Il y a un maire qui est légitime, des adjoints qui le sont aussi, nous irons au bout de ce mandat. » Le conseil municipal retrouve son calme.

Acte IV Vers 22h tapantes, alors qu’il ne restait que cinq délibérations avant la fin du conseil, les membres de Eau Secours interviennent encore : « Nous voudrions le permis de construire du 18 juin 2016, c’est tout ce que l’on veut ! » Le maire rétorque qu’il n’a jamais rien signé. Le ton monte rapidement, la police municipale est appelée pour intervenir et les faire quitter la salle. Mais ils refusent. Le maire décide de suspendre le conseil. Une demi-heure plus tard, la BAC intervient et les fait sortir. Plus d’incident. 23h20, fin de séance.

 
 
 
 
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