Élections législatives : vers un duel à gauche dans la 9e circonscription

Comme en 2012, Alain Delannoy se présente aux élections législatives contre Stéphane Saint-André, investi par le PS dans la 9 e circonscription. Malgré le deal passé entre les deux hommes lors des départementales de 2015.
 

Ça fait quelque temps que ça le démange, Alain Delannoy. Comme en 2012, le maire (PS) de Lapugnoy est «  officiellement candidat  » aux élections législatives dans la 9e  circonscription du Pas-de-Calais.

Le député (PRG) sortant, Stéphane Saint-André, brandit pourtant un courrier, daté du 26 janvier 2015, dans lequel Alain Delannoy, alors candidat aux départementales, renonçait à briguer la députation : «  À l’époque, on l’a soutenu sous réserve qu’il ne se présente pas contre le candidat du PRG aux législatives  », souligne-t-il.

« Il cherche une excuse pour être candidat. Il fait prendre des risques à son camp et personne ne le soutient. »

Alain Delannoy n’a pas la même lecture : «  J’ai accepté qu’on m’impose Nathalie Delbart comme binôme pour éviter une candidature MRC. J’ai cédé au chantage de Stéphane Saint-André pour qu’il n’y ait pas de liste PRG. Mais je ne rentre pas dans ces magouilles.  »

Stéphane Saint-André lui reproche de manquer à la parole donnée et de diviser la gauche ? «  Lui attend de savoir s’il sera «hamonisé» ou «macronisé », rétorque Alain Delannoy. S’il finit par soutenir Macron, il peut être privé de l’investiture socialiste.  »

 

Investi par le Parti socialiste, le député (PRG) sortant Stéphane Saint-André voit s’éloigner la perspective d’une candidature unique à gauche.
Investi par le Parti socialiste, le député (PRG) sortant Stéphane Saint-André voit s’éloigner la perspective d’une candidature unique à gauche.

«  Un peu facile, s’étrangle le député. Le PRG soutient Hamon, donc moi aussi. Il cherche n’importe quelle excuse pour se présenter mais pourquoi veut-il à nouveau être dissident ? Il fait prendre beaucoup de risques à son camp, aucun élu ne le soutient et il se heurtera au cumul des mandats.  »

« Je ne suis pas un cumulard »

Alain Delannoy, maire de Lapugnoy, conseiller départemental, vice-président du SIVOM, vice-président du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), président de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), se défend pourtant d’être «  un cumulard. Dans toutes ces fonctions, je m’occupe de santé et de social, je ne suis pas au four et au moulin. Je ne me contente pas d’encaisser des indemnités, je travaille du matin au soir  ».

Reste que les mandats de maire et député sont incompatibles. Mais il laisserait Lapugnoy avec le sentiment du devoir accompli : «  J’ai réalisé toutes les promesses du mandat avec trois ans d’avance. On a doublé l’investissement en 2017 tout en faisant des économies.  »

Sur l’utilité de sa candidature, il remarque que «  les candidats déclarés ne parlent pas d’aide aux PME, ni de handicap, ni de social. Je suis élu depuis quarante ans, j’ai été infirmier à domicile pendant 36 ans. En poussant les portes, on voit comment vivent les gens, leurs difficultés. Mais aujourd’hui, on n’a plus d’élus de terrain. Je ne parle pas de parader lors des manifestations mais d’aider les gens  ».

En face, Stéphane Saint-André reste serein : «  On n’en est pas encore au dépôt des candidatures. Je lance un appel à la raison.  »

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