En week-end dans mon pays d’origine, j’ai retrouvé à Béthune le charme de son Jardin Public, son kiosque, son grand bassin, ses vieux grands arbres, des cygnes noirs ont remplacé les cygnes blancs de mon enfance, des jeux ont été installés, des enfants riaient. C’était un samedi, il faisait très beau, des mariés, comme jadis, se faisaient photographier dans les pelouses.Retour à mes racines, sur les bancs publics j’y bécotais jadis mes copines, le gardien était sévère et il convenait de ne pas confondre vitesse et précipitation.

A mieux regarder et en écoutant ma cousine qui me pilotait j’ai fini par être très déçu, les images étaient très décalées par rapport à mes souvenirs, les allées sont sales, les bancs de pierre devant le kiosque sont moussus et mériteraient un coup de karcher, le jet de la grenouille du petit bassin au pied de la colline est prostatique, pardonnons lui, elle est la depuis très longtemps mais les jets d’eau du grand bassin étaient eux très faibles, un tuyau serait crevé quelque part. Le Jardin Public n’est pas entretenu

A mieux regarder j’ai vu qu’un cygne boitait, il aurait été agressé par des jeunes voyous de 4 ans, sans doute déjà en mal de repères, ma cousine, sans doute un peu réac, m’a expliqué que les parents leur laissent tout faire. Elle m’a dit aussi que récemment on avait trouvé 2 canards égorgés, et le jeune oison enfant des amours d’un couple d’oies avait été arrêté par la police municipale et emmené on ne sait où sans doute pour éviter d’être volé, le Jardin Public n’est pas gardé.

A mieux regarder j’ai vu des croix jaunes sur certains arbres, plus de 20, cela signifie, parait-il, qu’ils sont condamnés à mort et que pour la majorité d’entre eux c’est proprement scandaleux. Exemple, à l’entrée principale du Jardin Public, sur la gauche du buste de Charles Nanninck, 3 ancêtres sont marqués du signe d’opprobre, ils sont énormes, majestueux, même à 2 on ne peut en faire le tour avec ses bras, leur ramure est superbe, démontrant à l’excès qu’ils ne sont pas malades, mais voilà ils déplaisent à la cour du roi.

En lot de consolation, et c’est le magazine d’information de la ville qui le dit, 1550 arbustes y seront replantés. 1550, Béthune est-elle donc si riche ? Mais où vont-ils donc les mettre ? Le Jardin Public risque de perdre son âme.

 

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