Il faut bien en fin de parcours tenter d’analyser l’échec, le colossal échec du Parti Socialiste.

Est-il nécessaire de désigner ceux dont on pense qu’ils sont les fossoyeurs de ce grand parti. Oui, sans doute, pour qu’ils ne sévissent plus

La mode énarchie d’abord, sans doute responsable pour partie du désastre. Un député de l’ex-chambre nous disait qu’elle était dominée par ceux qui étaient passés par l’ENA et par les cabinets ministériels, qu’ils se considéraient pour la plupart comme étant d’une « essence supérieure », à la limite de la suffisance. Ce qui est sûr c’est que le charisme n’est pas toujours la qualité supérieure de ceux que l’on a trop vu sur les plateaux de télévision, tout fiers de participer à des débats stériles.

La société d’aujourd’hui avec son fabuleux repli sur soi-même, chacun étant convaincu qu’il est meilleur que les autres, des leaders incapables de s’entendre, l’incompatibilité des egos style Hamon, Mélenchon. Mais la politique c’est d’abord l’amour des autres, comment aimer les autres quand on s’aime tant soi-même ?

L’abandon de l’écoute de la base, avec son premier signe fort : les élections primaires. A quoi sert de cotiser à un parti quand ce sont nos ennemis qui choisissent en même temps que nous notre candidat pour pouvoir mieux l’abattre.

La certitude du « savoir » qui interdit l’écoute des citoyens. Il y a pourtant plus à apprendre, plus à comprendre en lisant le courrier des lecteurs de la Voix du Nord qu’à l’écoute des « experts » des chaînes infos, enfin des auto-intitulés experts.

Les dessous de la politique ont toujours été un peu troubles, la phrase célèbre ne date pas d’hier matin, elle n’a jamais été aussi actuelle « Dieu, Protège moi de mes amis, mes ennemis, je m’en occupe » (Pour la petite histoire elle serait attribuée à Antigonos II Gonatas, Roi de Macédoine de 277 à 239 av.J.C, elle aurait été ensuite reprise par Voltaire)

L’abandon des valeurs : la fidélité, la camaraderie, le simple respect de l’autre. Conduit notre société à sa mort, est-on en train de vivre ça ?

Pour conclure sur notre région si socialiste hier, sans représentant aujourd’hui Faut-il être surpris ?

Pour ma part aucune surprise : Pour notre Pas de Calais la passivité avec laquelle le parti a traversé la période de la tutelle de Paris annonçait bien le déclin, les responsables quasiment autoproclamés se satisfaisaient de la situation, ils étaient devenus « quelqu’un », les autres ont manqué de courage, Paris décidait de loin, detout, son représentant est venu 2 fois en plus de 2 ans sans que personne ne rue dans les brancards.

On paye ce manque de force, ce manque de lucidité. ce manque d’analyse.

Pour notre Nord le mal était déjà fait avec la perte du conseil départemental, que dire de l’absence totale de la gauche au Conseil Régional. Il faut là être clair.

Pierre Mauroy a choisi Martine Aubry comme successeur.

Elle a été une bonne maire de Lille, elle y laissera des traces, mais comme les autres son ego l’a tuée, elle n’a pas voulu prendre la tête de liste régionale de peur d’être battue par Marine Le Pen mais elle a voulu tout diriger, choisir ses candidats qu’elle a abandonnés au cœur de la bataille.

Le meilleur service qu’elle pourrait rendre à la gauche aujourd’hui serait de démissionner de son poste de maire et de rentrer à Paris avec son Lamy dans sa valise, son remplaçant aurait 2,5 ans pour reconquérir la ville. Cela donnerait peut-être un nouvel élan.

JMarc Dendiével.

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