vendredi 10.07.2009, 04:49 - La Voix du Nord
Dix jours après l'examen des comptes administratifs et le vote du budget supplémentaire, Michel Piard, adjoint aux finances, s'exprime à nouveau sur les chiffres et révèle quelques choix. Certaines animations culturelles ne seront ainsi plus annuelles.
PAR CH.-OLIVIER BOURGEOT
bethune@info-artois.fr Les caisses sont vides. À Béthune, le refrain est connu. Stéphane Saint-André le chante depuis un an et demi. Michel Piard le relaye dans les choeurs. Et au moment de se pencher à nouveau sur son budget primitif, l'adjoint aux finances reprend ce tube de 2008. « 2001 et 2002 ont été deux années difficiles. Entre 2003 et 2006, la ville s'est désendettée. Cette dynamique vertueuse aurait dû se poursuivre. » Ça ne l'a pas été, dit-il, pointant du doigt les 17 M E d'emprunt contractés en 2007, notamment pour ce centre nautique. Cela porte à 60 M E la dette, soit « 130 % du budget global alors que la moyenne nationale est de 100 % », se désole-t-il.
Fort de ce constat, le néo-valoisien passe au couplet suivant. Celui des deux choix qui s'offraient à la municipalité : augmenter les impôts ou baisser les charges. La municipalité a tranché pour le second. La raison ? Un Béthunois paie en moyenne 1 461 E quand l'habitant d'une commune de même strate en débourse 1 240 E. Allons donc pour la baisse des charges de fonctionnement. Première cible : le budget animation. « L'idée, c'est comment faire moins, mais mieux. » Ce refrain entendu laisse place à un autre, nouveau. La culture en pâtira. Le festival Z'artsUp ! et Béthune Rétro devraient par exemple ne plus avoir lieu que tous les deux ou trois ans. Un choix assumé. « À un moment donné, quand on fait trop d'animations, les Béthunois s'y perdent. Et puis, pendant des années, le sport n'a pas été valorisé, la culture l'a été davantage, aujourd'hui il y a un contre-balancement. » La municipalité espère glaner 400 à 500 000 E.
Mais on est encore loin des économies souhaitées grâce aux travaux en régie. La deuxième cible. « Là où le mode opératoire le plus courant était de faire appel à des entreprises extérieures pour n'importe quelle opération, on fonctionnera en régie municipale en valorisant le travail des agents des services techniques, explique-t-il. Ça nécessite une refonte des équipes. » Gain envisagé : 1,7 M E .
Côté recette, sans augmentation d'impôts, Michel Piard compte pourtant en prélever davantage. Comment ? En faisant
appel au conseiller délégué Joël Lemée, proclamé spécialiste de l'observatoire de la fiscalité. Ce logiciel est censé faire des miracles en terme de perception. L'idée : combler les manques,
revoir la valeur locative de certains logements, percevoir la taxe foncière oubliée de certains autres. Tous ces défauts représenteraient 15 % de la fiscalité béthunoise, selon Joël Lemée. Autant
de petits plus qui évitent la hausse des taxes. Et les départs. Piard : « Les gens en ont ras-le-bol des impôts. Il y a un réel risque d'exode. » Et lorsqu'on l'interroge sur
l'augmentation des indemnités tant décriée par l'opposition, Michel Piard les justifie : « Il y a un travail de fond à faire. Aujourd'hui, une ville de 28 000 habitants comme Béthune
doit se gérer comme une entreprise. Il n'y a pas d'actionnaires mais des Béthunois. Il faut leur rendre des comptes. » Bons, de préférence. •
1 er commentaire
Réduire le budget de la culture est le signe d'une mauvaise gestion et d'une régression intellectuelle, quelle que soit la
municipalité ou le pays qui adopte cette pratique. Ce n'est pas là qu'il faut faire des économies. A Béthune, supprimer les gerbes de fleurs sur les tombes de maires oubliés, les cérémonies
inutiles comme celle du clocheton de la mairie où il n'y avait que les élus, baisser le salaire du maire et de ses adjoints et des conseillers municipaux auraient été des actions plus futées. Là
on va supprimer des manifestations pour les habitants. Servir et non se servir disait le Maire. On en est loin.
2ème commentaire
Béthune, Capitale régionale de la culture ?
Scotchée par l'interview de M. Piard paru dans la VDN.
Comme tout bon "droitier", on s'en prend d'abord à la culture. Il est vrai que la culture est dérangeante car elle interpelle souvent et ça, ce n'est pas bon pour le "peuple". Sans doute certains intellectuels estiment qu'elle doit être réservée à une élite.
Aberrant alors que SSA est nouvellement PRG donc de gauche (enfin de façade).
De plus,s'en prendre à la culture pour réaliser des économies alors le louvre lens doit ouvrir et Béthune être capitale régionale de la culture en 2011.
Il faut s'interroger. Si Béthune a été désignée, au cours du mandat de la précédente municipalité, c'est que les différents partenaires (Région, Artois Com...) ont considéré que Béthune avait des atouts et des bases solides en matière de culture. Aujourd'hui, premièe victime Z'art up. Dans ces conditions, Artois Com ne va-t-elle pas retirer ses billes dans les investissements culturels béthunois (Lab Banque ?).
La municipalité actuelle est-elle entrain de tout démolir ?
Il est vrai qu'en mairie de Béthune, on n'en est pas à une incohérence près.
Maïté Coeuré.
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